Le rhume : comment ça marche ?

Photo jeune femme brume enrhumée au lit

Bien que s’agissant la plupart du temps d’une maladie bénigne et qui se limite d’elle-même dans le temps, le rhume, de par sa fréquence et la gêne qu’il peut générer, n’est finalement pas toujours si anodin qu’il y paraît... Mais comment s’en débarrasser ?

Le rhume, une pathologie gênante

Correspondant à la rhinite aiguë, ou à la rhinopharyngite aiguë, le rhume est l’infection respiratoire la plus fréquente chez l’enfant et l’adulte. Le taux d’infection est maximal dans la petite enfance, et diminue avec l’âge.

Ses principales manifestations cliniques sont l’obstruction et l’écoulement nasal (rhinite). L’éternuement, le mal de gorge et la toux y sont souvent associés.

Le rhume génère des coûts médicaux importants (visites et prescriptions médicales) et de l’absentéisme (scolaire et professionnel).

De plus, il a entraîné une utilisation inadéquate d’antibiotiques, qui a été à l’origine du développement croissant de bactéries résistantes dans la population.

Cette infection virale pourrait également être une cause importante d’exacerbation de maladies respiratoires chroniques telle que l’asthme.

Le cycle du rhume

Bien qu’il y ait plus de 100 types de virus différents responsables du rhume, le rhinovirus est le plus fréquemment rencontré.

Dans tous les cas, le virus s’installe par inhalation, toujours dans la cavité nasale. Détecté par le système immunitaire de la muqueuse nasale, la réponse de ce dernier entraîne une inflammation, accompagnée d’une dilatation (augmentation de diamètre) et d’une augmentation de la perméabilité des petits vaisseaux sanguins.

Cela se traduit par l’apparition des premiers symptômes, entre 24 et 48 heures après la première attaque virale :

  • 1re phase : picotements du nez ou de la gorge
  • 2e phase (phase de sécrétion) : écoulement nasal, avec ou sans congestion nasale

 

Schéma d'évolution des symptômes de l'infection virale

 

La disparition des symptômes prend généralement (hors complications) entre 4 et 8 jours.

L’infection bactérienne ne survient que dans 2 % des cas.

Une personne est contagieuse du premier jour où les symptômes apparaissent, jusqu'à 1 à 3 jours après la guérison.
 

Prévenir et traiter le rhume

La prévention

La diversité des virus responsables des rhumes ne permet pas actuellement une prévention par vaccination. Aussi, la prévention passe essentiellement par des gestes d’hygiène simples, très souvent de l’ordre du bon sens :

  • une bonne hygiène nasale, incluant un lavage nasal régulier (voire quotidien) avec une solution de lavage appropriée, en choisissant en particulier les composants de la solution et la force du jet en fonction de l’âge
  • l’utilisation exclusive de mouchoirs jetables
  • l’évitement des situations de contagion
  • l’évitement des « chaud-et-froid » et de l’exposition à la climatisation
  • un choix de vêtements adaptés à la saison

Le traitement du rhume

La purulence de l’écoulement nasal et/ou la fièvre sont généralement sans relation avec une infection bactérienne.

Le rhume étant généralement d’origine virale, l’antibiothérapie n’est pas recommandée chez l’adulte comme chez l’enfant, sauf en cas de complications supposées bactériennes (otite moyenne aiguë, sinusite) : elle n’accélère pas la guérison et ne prévient pas la survenue de complications.

Le traitement du rhume est donc essentiellement symptomatique.

Principales recommandations chez l’adulte :

  • mouchage soigneux, à l’aide de mouchoirs jetables ; éviter les mouchages violents
  • lavage nasal à l’aide de solution de lavage en spray, qui par un effet mécanique dégage le nez et peut également contenir des composants qui facilitent la respiration et apaise l’irritation. Les solutions de lavage nasal avec des composants fluidifiants, soufrés et/ou antiseptiques sont également recommandées.
  • antipyrétique éventuel en cas de fièvre

Principales recommandations chez l’enfant :

  • le mouchage est la base du traitement, à l’aide de mouchoirs jetables ou d’un mouche-bébé (voir En pratique : lavage nasal et mouchage chez le jeune enfant)
  • le reniflement réflexe chez l’enfant doit être combattu par l’éducation, car il peut favoriser les complications
  • le lavage nasal est essentiel pour favoriser nettoyer et dégager le nez, et pour apaiser l’irritation

Attention : chez le nouveau-né, le nez doit être débouché de façon urgente ! En effet, l’obstruction nasale a rapidement un retentissement respiratoire majeur ; elle gêne également la déglutition, favorisant la déshydratation.

 

En cas de persistance ou d’aggravation des symptômes (fièvre intense ou durable, maux de tête, difficultés respiratoires), consultez rapidement votre médecin.

    • Cordey S, Schibler M, Tapparel C, Kaiser L. Rhinovirus : diversité clinique et génomique. Virologie 2008 ; 12(5) : 361-73.
    • AFSSAPS. Antibiothérapie par voie générale en pratique courante dans les infections respiratoires. Principaux messages des recommandations de bonne pratique. Octobre 2005.
    • AFSSAPS. Antibiothérapie locale en ORL. Argumentaire. Juillet 2004.
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