La prise en charge de la douleur en 5 questions

Photo main tendant deux comprimés
1. Que signifie « stratégie anti-douleur par paliers » ?
L’OMS (Organisation mondiale de la santé) recommande une prise en charge thérapeutique progressive ou par paliers, selon le niveau d’intensité de la douleur. A chaque palier est associé un type d’antalgiques. On distingue 3 paliers :
  • Le palier I comprend les antalgiques non opioïdes indiqués dans les douleurs d’intensité légère à modérée
  • Le palier II regroupe les opioïdes faibles souvent associés à des antalgiques non opioïdes. Ils traitent les douleurs d’intensité modérée à sévère.
  • Le palier III est réservé aux opioïdes forts pour les douleurs intenses et rebelles aux antalgiques des niveaux plus faibles.
Cette stratégie antidouleur par palier implique de réévaluer très régulièrement l’efficacité et la tolérance du traitement en cours.
2. Quand doit-on avoir recours à une autre forme que la voie orale pour les médicaments ?
La voie orale est privilégiée, mais d’autres formes sont utiles face à certaines situations.
En cas de vomissements répétés ou de difficultés à la déglutition, la forme intra-rectale, le spray nasal, le patch ou la forme intraveineuse ou sous-cutanée sont de bonnes alternatives.
La forme « lyophilisée » présente un intérêt par sa rapidité d’absorption et d’action. Placé sous la langue, le comprimé se dissout rapidement et est absorbé directement sans passage au niveau de l’estomac.
On réservera la voie intraveineuse aux situations où le malade ne peut plus avaler ou lorsqu’il faut faire face à des douleurs fulgurantes et intenses. En un mot, on adapte la forme de prise à l’état clinique du patient.

L’ordonnance d’un antalgique doit être précise, mentionnant la posologie par prise, la forme galénique et la durée de la prescription.
3. Peut-on utiliser plusieurs antalgiques en même temps ?
Oui, sur le principe de complémentarité des modes d’action, mais il faut être vigilant quant au risque de surdosage et à l’apparition d’effets indésirables.

L’association d’antalgiques de paliers 1 et 3 est possible, en revanche, il ne faut pas utiliser simultanément deux produits de la même classe et de la même forme, par exemple deux opioïdes à libération prolongée. Il faut respecter les prescriptions et ne prendre aucune initiative d’auto-médication.

L'utilisation de médicaments d’action complémentaire pour accroître l'efficacité des antalgiques est possible, comme les anxiolytiques en cas de composante anxieuse forte, les antispasmodiques en cas de douleurs viscérales, les myorelaxants en cas de contractures musculaires… La liste est longue.
4. Quelles sont les autres solutions pour calmer la douleur ?
En complément des médicaments, d’autres moyens sont proposés pour soulager la douleur : le soutien psychologique, la relaxation, la sophrologie, l’acupuncture, l’hypnose, la kinésithérapie
Ces méthodes sont de plus en plus associées aux traitements classiques. Elles ne les remplacent pas mais permettent parfois de diminuer le dosage des médicaments antalgiques.
Elles ont des effets bénéfiques sur la douleur physique, sur le bien-être moral et sur la qualité de vie.

N’oublions pas : la prise en charge de la douleur est globale et pluridisciplinaire. Toutes les solutions sont à envisager pour que le patient ne souffre plus.
5. Quel est le rôle des centres anti-douleur ?
Ces centres spécialisés ont été créés dans le cadre des plans nationaux de lutte contre la douleur.
Les consultations pluridisciplinaires sont effectuées par des spécialistes : rhumatologue, psychiatre, neurologue…
Ils reconstituent l’histoire de la douleur, évaluent les traitements déjà pris, font le point sur une prise en charge globale.

Les patients qui vont dans ces centres ont déjà un long parcours…

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