Interview d’expert : comment éviter les complications du diabète de type 2 ?

Photo médecin rédigeant ordonnance

Sans traitement, le diabète de type 2 est une maladie grave par les complications qu’il peut entraîner, en particulier au niveau du cœur et des vaisseaux.

Entretien avec le Pr Pierre-Yves Benhamou, diabétologue au CHU de Grenoble, sur les réflexes à acquérir pour réduire le risque de développer une complication lorsqu’on est diabétique.

Le diabète de type 2 est elle une pathologie isolée ou un facteur de risque parmi d’autres ?

Les personnes qui souffrent de diabète de type 2 présentent fréquemment des facteurs de risque de maladies du cœur et des vaisseaux associés : hypertension artérielle, surpoids, excès de cholestérol, voire des facteurs de risque héréditaires.

Quelles sont les principales complications du diabète de type 2 ?

Lorsque le diabète de type 2 survient sur ce terrain, le risque de maladies cardiovasculaires augmente, et en particulier celui d’infarctus du myocarde. Il est donc indispensable de prendre de bonnes habitudes pour réduire ce risque.

Comment réduire son risque cardiovasculaire lorsque l’on souffre de diabète de type 2 ?

Suivre correctement le traitement antidiabétique prescrit par son médecin est bien sûr indispensable, mais il ne faut pas croire que ces médicaments peuvent compenser de mauvaises habitudes de vie.

Pour les fumeurs, l’arrêt du tabac est impératif ;il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par son médecin traitant pour y parvenir.

La maîtrise du poids est un autre élément important. Mais il ne s’agit pas de mettre en place un régime draconien : il suffit de perdre 5% de son poids de base (au moment du diagnostic) pour réduire son risque cardiovasculaire de manière significative.

Une alimentation équilibrée et une activité physique ou sportive régulière sont les deux autres piliers de la prévention de l’infarctus du myocarde (et d’autres complications) chez les personnes diabétiques. L’efficacité de ces améliorations d’hygiène de vie a été validée par de nombreuses études, particulièrement sur le risque cardiovasculaire.

Est-il possible de dépister précocement des complications cardiovasculaires ?

Les maladies cardiovasculaires liées au diabète sont indolores pendant longtemps et passent souvent inaperçues jusqu’à l’accident cardiaque.

Pour les dépister tôt, il est indispensable de consulter régulièrement un cardiologue, idéalement au moins tous les trois ans. Celui-ci pratiquera un test d’effort (l’activité du cœur est mesurée pendant une séance d’exercice sur un vélo stationnaire) et, éventuellement, un examen des artères coronaires (coronographie, un examen des vaisseaux sanguins qui irriguent le muscle cardiaque).

Peut-on réduire le risque des autres complications du diabète de type 2 ?

Le diabète de type 2 peut entraîner une réduction de la circulation sanguine dans la rétine et provoquer ainsi des troubles de la vision. Les patients sont habituellement sensibilisés à ce risque et consultent leur ophtalmologiste tous les dix-huit mois pour un examen de contrôle.

Le diabète peut également être à l’origine de lésions des terminaisons nerveuses situées dans les pieds et les jambes (neuropathies). Ces lésions se traduisent par une insensibilité croissante des pieds. Associées aux troubles de la circulation sanguine, les neuropathies peuvent être à l’origine de plaies des pieds qui cicatrisent mal, voire pas du tout.

Pour dépister un début de neuropathie, le médecin traitant teste la sensibilité de la peau des pieds tous les ans. Il prodigue également des conseils de soins et de surveillance des pieds. Si une plaie du pied apparaît, mieux vaut consulter rapidement son médecin ou son podologue.

Les complications du diabète au niveau des reins sont dépistées grâce à des examens biologiques réguliers (prise de sang pour évaluer le fonctionnement des reins).

Quels autres conseils pouvez-vous donner aux personnes qui souffrent de diabète de type  2 ?

Le suivi de l’hémoglobine glyquée (HbA1C) est un élément essentiel de la surveillance du diabète au long cours. Ce marqueur correspond au pourcentage d’hémoglobine ayant fixé du glucose pendant la durée de vie moyenne des globules rouges, soit trois mois environ.

Ainsi, l’hémoglobine glyquée est le reflet de la glycémie moyenne du patient pendant les deux à trois mois précédant la prise de sang. Cet examen doit être pratiqué tous les trois à quatre mois.

La valeur idéale d’HbA1C varie selon le contexte : elle devrait être inférieure à 7 % (idéalement 6,5 %) chez une personne jeune ou dont le diabète a été récemment diagnostiqué. Pour les patients plus âgés, une valeur inférieure à 8 % est acceptable.

Cependant, pour les patients, il est important de ne pas uniquement se focaliser sur la glycémie mais de chercher aussi à réduire durablement leurs autres facteurs de risque de complication : hypertension artérielle, excès de cholestérol (dyslipidémie), tabagisme, surpoids et sédentarité.

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