Choisir sa contraception lorsque l’on fume

Photo jeune femme perplexe qui regarde sa plaquette de pilules

Régulièrement, la presse se fait écho des risques liées à l’utilisation de la pilule contraceptive chez les fumeuses. En effet, certaines des hormones utilisées pour empêcher la grossesse peuvent aggraver les effets nocifs du tabac, en particulier sur les vaisseaux sanguins.

Quels sont les risques augmentés par l’association pilule/tabac ?

L’association entre les oestrogènes prescrits dans le cadre de la contraception et les substances contenues dans le tabac a essentiellement un effet néfaste sur les vaisseaux sanguins.

Cette toxicité combinée se traduit par un risque plus élevé de développer :

  • des dépôts de cholestérol dans les artères (athéromes), dépôts qui peuvent gêner la circulation sanguine (artérite des jambes) ou augmenter le risque d’infarctus du myocarde (athérome des artères du cœur) ;
  • des thromboses (caillots qui obstruent les vaisseaux sanguins) qui peuvent toucher les veines profondes (thrombophlébite, embolie pulmonaire) ou superficielles, ou être la cause d’un accident vasculaire cérébral (AVC).

Cette augmentation du risque cardiovasculaire est liée aux effets combinés du tabac et des oestrogènes sur le taux sanguin de cholestérol HDL (le « bon » cholestérol, dont le taux sanguin est plus faible chez les fumeurs) et sur la capacité du sang à coaguler dans les vaisseaux. Ce risque aggravé touche essentiellement les femmes âgées de plus de 35 ans.

Existe-t-il des facteurs aggravant le risque cardiovasculaire chez les fumeuses ?

Outre l’âge, chez certaines fumeuses, le risque de complications cardiovasculaires liées aux oestrogènes est aggravé :

  • chez les femmes qui fument beaucoup (plus de 15 cigarettes par jour), depuis longtemps (plus de 15 ans) et qui ont commencé à fumer tôt dans leur vie ;
  • chez les femmes qui prennent une pilule contraceptive contenant plus de 35 microgrammes d’oestrogènes ;
  • chez les femmes qui présentent d’autres maladies qui augmentent le risque cardiovasculaire, par exemple obésité, hypertension artérielle, excès de cholestérol, diabète de type 2, ou qui ont un manque d’activité physique régulière ;
  • chez les femmes qui ont déjà eu un accident cardiovasculaire (AVC, phlébite, infarctus, valvulopathie cardiaque, artérite des jambes) ou dont un parent proche (parents, enfants, frères, sœurs) a eu un accident de ce type avant l’âge de 60 ans ;
  • chez les femmes qui souffrent de maladies inflammatoires chroniques, en particulier le lupus érythémateux disséminé ou les maladies inflammatoires chroniques intestinales (MICI) ;
  • chez les femmes qui présentent des troubles héréditaires de la coagulation sanguine.

De plus, les fumeuses qui sont immobilisées de manière prolongée, par exemple après un accident ou une intervention chirurgicale lourde, présentent de manière transitoire un risque de thrombose élevé.

Enfin, les femmes qui souffrent de migraine, avec ou sans aura, sont également davantage à risque de complications sous l’influence combinée du tabac et des oestrogènes contraceptifs.

Quelle contraception pour les fumeuses à risque cardiovasculaire élevé ?

Pour les fumeuses ayant plus de 35 ans, la question du mode de contraception se pose, en particulier pour celles qui fument plus de 15 cigarettes par jour, ou qui ont fumé plus de 15 années.

Pour ces femmes, comme pour celles qui ont un risque cardiovasculaire en général, il est préférable de ne pas utiliser de contraceptif contenant des oestrogènes (pilule, anneau vaginal ou patch). Le médecin prescrira plutôt une pilule microprogestative, un implant, de la progestérone injectable, ou un stérilet au cuivre ou aux progestatifs (lévonorgestrel). Enfin, il est toujours possible d’avoir recours aux préservatifs (masculin ou féminin), aux diaphragmes et aux gels spermicides. Lire notre article sur les différentes méthodes de contraception.

Dans les cas particuliers où le risque cardiovasculaire est particulièrement important, quel que soit l’âge de la femme, seuls le « stérilet » au cuivre (même pour les femmes qui n’ont jamais eu d’enfant) et les préservatifs, diaphragmes et gels spermicides sont recommandés.

Chez les fumeuses de moins de 35 ans, en particulier celles qui fument peu, une contraception à l’aide d’une pilule oestro-progestative est possible, selon leurs antécédents médicaux et avec un suivi médical régulier.

Si vous fumez et vous vous posez des questions sur votre contraception, parlez-en à votre médecin qui saura vous conseiller en fonction de votre risque cardiovasculaire.

Articles recommandés Contraception

L’accès à la contraception est un droit pour tous, même si vous avez moins de 18 ans. Rappelons qu’...
Notre Carnet Santé Pratique a été rédigé par des gynécologues pour vous aider à mieux comprendre...
Pilule, implant, stérilet, anneau, patch… Les méthodes contraceptives sont variées et évolutives.
La jeune maman qui n’allaite pas peut être de nouveau enceinte dans les 4 semaines qui suivent l’...