Allergies respiratoires, alimentaires et croisées, de quoi parle-t-on ?

L’allergie correspond à une réaction du système immunitaire en réponse à la présence d’une substance étrangère à l’organisme, appelée allergène.

Même s’il s’agit d’une pathologie aujourd’hui bien connue, l’allergie ne doit pas être banalisée en raison de ses possibles complications. Le diagnostic doit d’ailleurs être réalisé de façon précoce et à tout âge dans le but de les éviter.

L’allergie : comment la reconnaître ?

L’allergie peut se manifester sous différentes formes : rhinite allergique, atteinte des bronches, manifestations cutanées.

La rhinite allergique est une pathologie assez fréquente puisqu’elle concerne environ 25% de la population française. De quoi s’agit-il exactement ? La muqueuse nasale est la cible d’une inflammation dont les différentes manifestations incluent rhinorrhée, éternuements, congestion et/ou démangeaisons nasales. Celles-ci sont souvent accompagnées de symptômes oculaires.

La crise allergique peut se prolonger pendant au moins deux jours consécutifs et les symptômes peuvent durer au moins 1 heure le plus souvent. L’ensemble de ces symptômes est réversible sous traitement ou même spontanément. Les complications ne sont pas négligeables : un patient atteint de rhinite allergique présente un risque de développer un asthme qui est multiplié par 8.

Les manifestations digestives et cutanées sont de bons indicateurs d’une allergie alimentaire, qui est une allergie concernant 3,2% de la population française. Les réactions dites immédiates apparaissent dans les 4 heures après consommation de l’aliment : elles peuvent être cutanées (démangeaisons, gonflements), digestives (crampes, nausées, diarrhée), respiratoires (rhinite, rhinoconjonctivite, gêne respiratoire).

Les allergènes : état des lieux

Les aéro-allergènes (appelés aussi pneumallergènes) sont fréquemment impliqués : on y classe les allergènes domestiques (acariens, moisissures, poils et squames d’animaux) et les allergènes du milieu extérieur (principalement les pollens et les moisissures).

D’autres substances sont pourvoyeuses d’allergie comme le latex ou encore certains aliments (trophallergènes ou allergènes alimentaires) mais ils provoquent rarement une rhinite allergique isolée.

Enfin, une large palette d’agents allergéniques peut être rencontrée sur le lieu de travail : cela peut aller de la poussière de bois à divers produits chimiques en passant par les produits de l’industrie alimentaire.

Les polluants : des amplificateurs de l’allergie

Qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, les polluants ont la propriété d’amplifier l’allergie. Par exemple, le gaz utilisé dans nos cuisines, les aérosols ménagers, et surtout la fumée de tabac exacerbent la réaction allergique.

Les polluants extérieurs comme l’ozone, le dioxyde d’azote ou de soufre peuvent aggraver une rhinite allergique déjà installée.

Quant au diesel, il peut jouer un rôle potentialisateur de l’allergie à cause de ses microparticules. 

Les allergies croisées

L’allergie croisée est un phénomène de plus en plus observé et sa prise en compte s’impose dans la démarche diagnostique et thérapeutique d’aujourd’hui.

Elle peut être expliquée en prenant l’exemple bien connu du pollen de bouleau et de la pomme. Les allergènes du bouleau et de la pomme qui « croisent » sont deux molécules d’origines différentes mais qui présentent certaines similarités de structure. Ainsi la personne allergique au pollen de bouleau est susceptible de développer également une réaction à la pomme. L’allergie développée est en fait déclarée contre ces deux allergènes simultanément. 

Les allergies croisées les plus fréquentes concernent le pollen de bouleau avec la pomme, la poire, la cerise ou le céleri ; les personnes allergiques au latex peuvent avoir une allergie croisée avec la banane, l’avocat, la châtaigne.

Fait partie du dossier ...

    • Bousquet J et al. Allergic Rhinitis and its Impact on Asthma (ARIA) 2008 Update (in collaboration with the World Health Organization, GA2LEN*and AllerGen**) Allergy 2008: 63 (Suppl. 86): 8–160
    • D Château-Waquet. La rhinite allergique. Décision thérapeutique en médecine générale. 2006
    • Rancé F. Allergie alimentaire chez l’enfant mt pédiatrie, vol. 10, n° 1 2007
    • Bérard F et al., Mécanismes immunologiques et non immunologiques des urticaires. Ann Dermatol. Venereol. 2003 ;130 : 1S10-5.
    • Fontaine JF et Pauli G. Allergies croisées : de la théorie à la pratique Revue française d’allergologie et d’immunologie clinique 2006 ; 46 : 484–7
    • Allergologie pratique. Perrin LF. Edition Masson 1998
    • Bonner J. Physical, and Laboratory Examinations. 3rd edition. Boston: Butterworths 1990 ; Chapter 106.
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