
Rares sont les fumeurs qui n’éprouvent pas de manque physique en arrêtant la cigarette. Même à de faibles niveaux de consommation, fumer reste une dépendance pour la majorité.
Pour optimiser vos chances de succès, Il existe aujourd’hui différentes solutions efficaces pour vous aider « à tenir » pendant la phase de sevrage.
Nicotine et dépendance
La nicotine est la principale substance addictive contenue dans la fumée du tabac. Par elle-même, cette molécule n’est pas nocive pour le corps (elle est d’ailleurs utilisée dans les substituts nicotiniques pour accompagner le sevrage tabagique). Son pouvoir addictif s’installe dans le temps par la répétition des prises chez les fumeurs réguliers (1). Il faut savoir que la consommation de 20 cigarettes quotidiennes entraîne… pas moins de 70 000 inhalations par an ! (1)
A chaque nouvelle cigarette, la nicotine inhalée agit très vite : il ne faut pas plus de 10 secondes pour que la nicotine atteigne le cerveau et déclenche une sensation de bien-être (1) . Les mécanismes par lesquels la nicotine du tabac conduit à la dépendance sont encore aujourd’hui à l’étude. Parmi ceux déjà mis en évidence ? On retrouve l’action de la nicotine sur une région du cerveau impliquée dans le « circuit de la récompense » (2). La stimulation des neurones de cette zone serait à l’origine de la sensation de satisfaction que l’on ressent lorsque l’on fume une cigarette.
Anticiper les signes de manque
A l’arrêt de la cigarette, la chute brutale du taux de nicotine est à l’origine de plusieurs manifestations caractéristiques. Ces signes sont propres à chaque fumeur, ils dépendront notamment du niveau de dépendance tabagique, de son état de santé générale.
Principaux signes que vous pourrez ressentir (1)
Pulsions fortes à fumer,
nervosité,
agitation,
perturbation du sommeil,
difficultés à se concentrer,
augmentation de l’appétit,
constipation,
dépression,…
N’hésitez pas à anticiper ces symptômes en demandant conseil à des professionnels de santé. Ces effets secondaires au sevrage peuvent être considérablement atténués par une prise en charge adaptée.
Les substituts nicotiniques
A l’inverse des cigarettes qui entraînent des « pics » de nicotine, les substituts nicotiniques permettent une diffusion lente et progressive de la nicotine dans le corps. L’objectif ? Assurer un apport suffisant en nicotine pour calmer le manque physique du sevrage tabagique tout en évitant l’installation d’une dépendance.
En diminuant progressivement les dosages au cours du temps, ils aident les fumeurs à se libérer petit à petit de la dépendance physique liée à la nicotine.
Les substituts nicotiniques ont montré leur efficacité chez les fumeurs dépendants qui souhaitent arrêter de fumer ou limiter leur consommation de tabac.(3,4,5). Le traitement nicotinique de substitution est le traitement pharmacologique le mieux évalué et présente un rapport bénéfice/risque particulièrement élevé.
Différentes formes existent en fonction de son degré de dépendance et de ses préférences.
A coller sur la peau : les patchs ou timbres.
A prendre oralement : les pastilles à sucer, les comprimés, les inhaleurs, les gommes à mâcher
Les risques en cas d'utilisation de ces traitements à court terme au cours d'un sevrage sont très limités en comparaison des risques associés au tabagisme (3). Cependant, n’hésitez pas à solliciter un professionnel de santé (votre pharmacien ou votre médecin référent) pour en préciser les indications en adéquation avec votre état de santé.
Vous souhaitez plus d'information pour réussir votre arrêt du tabac, consultez "Vos Bonnes Résolutions : comment réussir..."
Sources :
1. Perriot P, Llorca PM, Boussiron D., Schwan R. Tabaccologie et sevrage tabagique. Ed. John Libbey. 2003.
2. Rosecrans et al. Neurobehavioral mechanisms of nicotine action: Role in the initiation and maintenance of tobacco dependence. Journal of Substance Abuse Treatment. 1993; 10, 161–170.
3. ANAES. Les stratégies médicamenteuses et non médicamenteuses de l’aide à l’arrêt du tabac. Mai 2003.
4. Taieb C. et al. L’ajustement de la dose nicotinique. Les clés d’un sevrage sur-mesure réussi. Entretiens de Bichat. 2008
5. Silagy, C., et al. Nicotine replacement therapy for smoking cessation. The CochraneDatabase of Systematic Reviews, 3(CD000146). 2004
6. Projet ITC France (février 2009), résumé de l’enquête ITC France. Université de Waterloo, Waterloo, Ontario, Canada. Institut National de Prevention et d’éducation pour la santé (INPES), Institut national du cancer (INCa), Observation française des drogues et toxicomanies (OFDT), Faris France.
7. INPES. Premiers résultats du baromètre santé 2010. Evolutions récentes du tabagisme en France.
8. HAS. Stratégies thérapeutiques d’aide au sevrage tabagique. Efficacité, efficience et prise en charge financière. Janvier 2007.
Déja inscrit
90 % c’est le pourcentage de fumeurs se déclarant dépendants à la cigarette.
88 % des fumeurs souffrent de cette dépendance
Données de l’International Tabacco Control (ITC) France.
Enquête réalisée sur un échantillon représentatif de 1735 fumeurs et 525 non fumeurs adulte.









